
Dans l’est du Cameroun, ce sont des milliers de personnes qui s’engagent dans la recherche du précieux métal. Ce métal est responsable de la désertion des salles de classe, de l’abandon des activités qui animent généralement les villes et qui contribuent à leur dynamisme. Tel des personnes téléguidées, ils se versent tous dans la fosse : hommes, femmes et enfants, tout âge confondu, munis de leurs bassines, houes, pioches, marteaux… tout ce qui pourrait déterrer et transporter la terre boueuse qui sera tamisée pour extraire la moindre particule possible d’or. Pendant que les acheteurs s’enrichissent, les orpailleurs artisanaux restent dans la misère. Le 18 août, plus de 100 morts ont été enregistrés lors d’un éboulement de terrain dans une zone d’exploitation d’or.
L’incident est survenu vers 14 heures, alors que plusieurs centaines d’orpailleurs se trouvaient sur le site, selon notre correspondant à Yaoundé, Richard Onanena. Des vidéos prises par des témoins montrent une importante masse de terre s’effondrer au sommet d’un cratère avant d’ensevelir des dizaines de mineurs, dont la plupart travaillaient clandestinement au pied de la paroi.
L’IMPACT DE L’ORPAILLAGE ARTISANAL DANS LA RÉGION DE L’EST CAMEROUN.
En 2026, les résultats aux examens officiels étaient catastrophiques, notamment au baccalauréat et au probatoire. Les salles de classe se vident pendant des semaines car les élèves vont creuser de l’or. Nous avons également des impacts négatifs sur la structure terrestre de la région, avec des risques d’inondations et d’éboulements de terrain sans compter les maladies. À cette allure, nous risquons d’avoir une population moins instruite qui détruit sa biodiversité pour quelques pierres précieuses.

Des orpailleuses à la mine de Kambele, dans l’est du Cameroun, exploitée par les entreprises chinoises – © Diiki Ebenizer/Reporterre

UNE TERRE RICHE MAIS PAUVRE……
La région de l’Est, malgré son or, est toujours sous-développée. Les entreprises qui l’exploitent ne sont là que pour remplir leurs poches et donner le peu qu’elles veulent donner à la population. Une situation similaire à celle de notre voisin, la République démocratique du Congo. L’Est manque d’infrastructures sanitaires, de routes, d’écoles, d’eau potable. « Un paradoxe économique », les seuls gagnants dans cette affaire sont les autorités et les entreprises. « Il y a certes quelques actions qu’ils font, mais c’est juste pour voiler les yeux des gens », affirme Amadou Garga.
